Patrick Blanchon

Patrick Blanchon

Patrick Blanchon
(1960- )
Nationalité: fr France


Lassé du monde de l’entreprise, j’ai décidé de revenir à des activités plus en accord avec moi-même. C’est ainsi qu’en 2006 je me suis installé en tant qu’indépendant pour enseigner le dessin et la peinture à Oullins (69). Un retour aux sources puisque j’avais fréquenté les Beaux Arts de Paris dans ma jeunesse. Mais mon parcours de vie m’a emmené à cette époque vers la photographie. Pendant plus de 10 ans, j’ai été photographe d’architecture, de reportages, d’instruments de musique, de spectacles etc. Puis la photographie argentique disparaissant, je me suis reconverti dans la « photographie d’opinion ». J’ai occupé un poste dans un centre de sondages sur l’international.
J’ai toujours peint depuis mon enfance, c’est pour moi un besoin, une « respiration » qui s’inscrit dans mon histoire familiale puisque ma mère d’origine estonienne peignait et mon grand père russe avait été diplômé des Beaux Arts de Saint Petersbourg. Bien qu’ayant fréquenté les Beaux Arts et ayant été formé par différents peintres, je me considère plus comme un autodidacte.
La peinture pour moi ce n’est pas seulement faire des tableaux, c’est une aventure, une expérience, un voyage émotionnel qui se renouvelle à chaque nouvelle toile.
Le thème qui revient le plus fréquemment dans mon travail est celui de « l’Errance » qui a fait l’objet de ma première exposition en 2011 (galerie des trois Maries, Lyon 69005). Ma recherche est toujours la même : Exprimer le départ, la séparation, l’exil sous ses diverses formes. Une manière de parler de mon histoire familiale et de renouer avec « les fantômes du passé ».
Les représentations peuvent être abstraites ou prendre une forme figurative et bien qu’ayant exploré plusieurs techniques, l’huile reste ma préférée. Je pars toujours d’un fond, que je travaille par couches successives sans idée préconçue. Le désordre se met en place, tout est en déséquilibre et chaotique jusqu’au moment où je décide de donner une direction. L’important est cet « arrêt sur image », moment de prise de décision qui ressemble fort à une sorte d’arrachement. S’en suit un moment d’apaisement et de liberté où le chaos se met en ordre pour laisser place au tableau.


Articles:

Une fenêtre sur le Dedans


Comment être certain de ce que tu vois, et.. le vois tu vraiment ? Cette question remonte du fond des temps, par un matin gris un professeur m'initie à l'astronomie et nous discutons. Mon premier évanouissement date de ce matin là. Je m'en souviens tellement bien :
Imagine le néant...
-mais il y a bien quelque chose au début quand même?
-non rien, absolument rien
-...
l'infirmerie était irréelle et je me suis retrouvé à grignoter un sandwich car on ne sait jamais ça peut être de l'hypotension un manque de sucre ou je ne sais quoi.
La réalité m'est apparue ambiguë tout soudain.

Plus tard en philo : Pourquoi y a t'il quelque chose au lieu de rien ?
Patatrac à nouveau
Je ne compte plus les évanouissements.

Si je me suis tellement plu à me retrouver devant une toile c'est que de rien pour ainsi dire le blanc j'ai le pouvoir de créer des mondes. Au début je m'acharnais à m'inspirer de l'extérieur. Et puis un jour je me suis dit : Et s'il n'y avait pas d'extérieur que je puisse vraiment connaitre ?
je ne me suis pas évanoui , j'ai tenu bon cette fois ci , comme Ulysse j'avais décidé de m'attacher au mat de ma galère et d'écouter chanter les sirènes.


Le vide et le plein


Autrefois lorsque mes yeux étaient encore jeunes j'aimais lire et relire des textes sur un sens éventuel que l'on pourrait attribuer à notre existence ... je vous rassure , loin de moi de vous en dresser la liste complète et puis chacun fera ses expériences Cependant j'en retiendrais peut être deux : Maitre Ekhart et Tchouang Tseu .

Maître Eckhart applique un principe fréquent au Moyen Âge : la discretio - il ne dit rien à son propre sujet. Une digression dans le commentaire de la Genèse, au sujet d'une plante utilisée en ophtalmologie, nous apprend un rare détail à son sujet : il avait des problèmes de vue, sans doute partiellement guéris.
Tchouang Tseu quant à lui disait que le monde « n’a pas besoin d’être gouverné ; en fait, il ne devrait pas être gouverné », et que
« le bon ordre résulte spontanément quand les choses sont laissées à leur cours ».

Les deux parlent de détachement , de vide et de plein : propos qu'un peintre peut adapter à sa démarche .

Le but que l'on se fixe dans la réalisation d'une toile devrait laisser la plus grande place dans un premier temps au désordre, à l'informe , au " hasard" même pour un sujet " figuratif" . Ne pas avoir peur du vide de la toile est un acte de renoncement qui demande un certain courage . L'acharnement à remplir serait alors un moyen de parvenir au vide par l'épuisement.
ensuite il ne reste plus qu'à recouvrir de blanc et laisser ça et là percer quelques pans du mystère.

Et si au bout de cet épuisement, la grâce nous " tombait dessus" elle serait la bienvenue. Mais restons modeste le tableau se termine comme un voyage, une expérience, et l'essentiel demeure dans l'indicible.


Alchimie et peinture


Ce matin j'écoute un certain Patrick Burensteinas qui raconte ce qu'est pour lui l'alchimie .. et à un moment il dit :
"quand il trouve de l'or l'alchimiste n'en a plus besoin "
Je me demande ce que pourrai donner cette tournure d'esprit en peinture ça pourrait être :
quand je saurai peindre je n'aurai plus besoin de toile ni de couleur ni de pinceaux


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